{"id":441,"date":"2018-01-31T18:11:15","date_gmt":"2018-01-31T18:11:15","guid":{"rendered":"http:\/\/mathieuwuhrmann.com\/?p=441"},"modified":"2024-05-15T07:45:55","modified_gmt":"2024-05-15T07:45:55","slug":"peindre-larbre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/?p=441","title":{"rendered":"Peindre l&#8217;arbre"},"content":{"rendered":"<h4><em>Peindre un arbre<\/em> (extraits du livre <em>Portraits d&#8217;arbres<\/em>)<\/h4>\n<p>Notes de carnets :<\/p>\n<p>L\u2019arbre peut amener la compr\u00e9hension que le particulier et l\u2019universel se confondent. L\u2019arbre peut faire \u00e9prouver sa singularit\u00e9, son unicit\u00e9, et il para\u00eet alors plus proche de nous qu\u2019il n\u2019y para\u00eet, plus semblable, un ami.<\/p>\n<p>Un arbre qui occupe une place centrale n\u2019obstrue en rien ce qui est autour de lui, mais au contraire d\u00e9voile le ciel, \u00e9tend notre perception du sol, des alentours. L\u2019arbre qui semble vivant devant moi fait revivre ce sur quoi mes yeux se posent, il m\u2019assigne la possibilit\u00e9 de sentir la douceur de ce moment. Peindre un arbre, c\u2019est aussi s\u2019effacer pour qu\u2019il puisse se d\u00e9ployer en puisant dans mon exp\u00e9rience de la peinture, et souffrir le moins possible de \u00ab mon feu \u00bb, de mon orgueil, de mes craintes et incertitudes. En le mettant dans une position centrale, j\u2019admets qu\u2019il peut l\u2019occuper, et qu\u2019il suffit.<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>Comment \u00e9voquer tout cela sans se confronter au simple, au r\u00e9el ? Comment chercher dans la cr\u00e9ativit\u00e9 cette force, si la cr\u00e9ativit\u00e9 me pousse \u00e0 me d\u00e9rober \u00e0 ce qui doit \u00eatre dit, peint ? Un arbre que je croise, s\u2019il m\u2019appelle \u00e0 \u00eatre peint, comment parler de lui, de sa simplicit\u00e9, si j\u2019ai peur de l\u2019id\u00e9e m\u00eame de le peindre ? Certes parfois, c\u2019est le bruissement des feuilles qui m\u2019aura touch\u00e9, alors je dois peindre ce bruissement sans avoir peur de cet affrontement.<\/p>\n<p>Je parle en fait de mes recherches sur le tulle, o\u00f9 l\u2019effet de transparence des couleurs devenait un pr\u00e9texte pour ne pas peindre, ce qui est pourtant la source de cette n\u00e9cessit\u00e9. Je peignais l\u2019id\u00e9e d\u2019une transparence, je jouais avec l\u2019id\u00e9e de la cr\u00e9ativit\u00e9, du tulle, de sa prise dans l\u2019espace, pour ne plus avoir \u00e0 me soucier du r\u00e9el. Les id\u00e9es cr\u00e9atives doivent servir ce but de chercher le vrai, sinon elles sont un leurre.<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>Portrait d\u2019arbres : il y a l\u2019id\u00e9e du portrait, c\u2019est \u00e0 dire peindre un \u00eatre qui est devant soi, d\u00e9couvrir l\u2019\u00e2me qui est derri\u00e8re, essayer d\u2019en peindre l\u2019essence. C\u2019est bien le seul moyen de ne pas \u00eatre attach\u00e9 \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019acqu\u00e9rir une certaine ressemblance visuelle. Donc dans le portrait, on est aussi redevable de la personne que l\u2019on peint, elle a un regard sur notre travail et surtout on est redevable de la peindre sans caricature, sans faire de raccourci et donc en essayant d\u2019\u00eatre au plus pr\u00eat de la v\u00e9rit\u00e9. Quand je fais un portrait d\u2019arbre je me sens aussi redevable de l\u2019arbre en face de moi. Certes il ne peut pas voir mais il est quand m\u00eame l\u00e0, comme un miroir de ce que je peins. S\u2019il n\u2019a pas d\u2019yeux pour voir, moi je l\u2019ai vu, ou plut\u00f4t il s\u2019est laiss\u00e9 voir, et ce que j\u2019ai vu je dois y \u00eatre fid\u00e8le. Sa s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, sa paix, sa constance, voil\u00e0 envers quoi ma peinture est redevable.<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>Les arbres m\u2019ont appris la peinture. La couleur, les ombres les lumi\u00e8res. les \u00e9couter, les suivre, leur mouvement. Je ne sais rien sans eux, ils sont mes ma\u00eetres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peindre un arbre (extraits du livre Portraits d&#8217;arbres) Notes de carnets : L\u2019arbre peut amener la compr\u00e9hension que le particulier et l\u2019universel se confondent. L\u2019arbre peut faire \u00e9prouver sa singularit\u00e9, son unicit\u00e9, et il para\u00eet alors plus proche de nous qu\u2019il n\u2019y para\u00eet, plus semblable, un ami. Un arbre qui occupe une place centrale n\u2019obstrue [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[17,10],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/441"}],"collection":[{"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=441"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/441\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":618,"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/441\/revisions\/618"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mathieuwuhrmann.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}