Silence

Un silence encore plus silence (extraits du livre Portraits d’arbres)

Notes de carnets :

Eugène Guillevic, cet ancien résistant, qui trouve dans son écriture une simplicité presque élémentaire : j’entends par là son amour des éléments qui l’entourent et l’inspirent. L’océan, le vent, la roche, la terre. Il « fore », comme il dit lui-même, jusqu’à trouver ce « silence » qu’il cherche partout.

Je me sens dans ma pratique de la peinture très proche de sa pratique aux mots. Moi aussi je ne veux pas être « forcé » de peindre. « Forcé » par les attentes de notre société, par mes peurs et mes angoisses, « forcé » par le regard des autres. Alors il faut entrer en résistance, c’est-à-dire travailler pour une nécessité qui vient de nous-mêmes comme le dirait peut-être Rilke.

La poésie a le pouvoir de se dévoiler petit à petit. Le poème a cela de particulier qu’il faut lui laisser du temps. Le temps de la lecture, le temps que les images apparaissent, à tel endroit, à tel autre. Le temps aussi que ces images laissent place à une compréhension , à quelque chose que l’on est sûr de reconnaître au moment où il apparaît. C’est la raison pour laquelle on lit de la poésie d’ailleurs. Pour cette chose fabuleuse qui peut se développer progressivement ou surgir tout à coup. Il est certain qu’il faut que le poème opère, qu’il y ait une sorte d’alchimie entre le lecteur et le poème. Ce ne sont alors plus seulement des mots sur une page, mais tout un univers, des couleurs, des sonorités, les effluves du poète, de sa vie, de ce qu’il veut dire, de ce qu’il cache.

Lettre

Lettre

Catharine Cary, artiste plasticienne surnommée la “tagueuse élégante”, a demandé à des amis de lui écrire une lettre sur la beauté. Voici ma réponse :

J’aimerais exprimer ce que la beauté m’apporte, mais il est difficile de l’exprimer…  J’ose espérer que si ma tentative est honnête, la beauté viendra se poser sur ces quelques mots. Car quand je cherche à l’exprimer, d’une manière ou d’une autre, je ne peux qu’espérer qu’elle vienne habiter le lieu que je lui prépare.

La beauté que j’aime est celle qui m’attire, me traverse, celle qui m’emmène vers une incompréhension heureuse, vers un sentiment de calme, un monde où tout me semble à sa place. Un monde où je me sens à ma place.

C’est une beauté qui contient une force, qui me parle, qui me dit qu’il y a un chemin pour la rejoindre, que ceci est vrai, juste.

Cette beauté, je veux la garder près de moi, la serrer contre mon cœur, intimement. Mais elle est trop libre pour cela. Si je veux la garder comme un souvenir, elle disparaît – ou plutôt je cesse de la voir – car je ne vois plus que son pâle souvenir, comme un collectionneur qui n’aurait à voir que ses  papillons épinglés.

Si la beauté ne vient pas me toucher intimement, si elle ne me pénètre pas, si elle ne me traverse pas, il faut que je me méfie, que je sois sur mes gardes, que je m’oublie peut-être. Car la beauté surgit, souvent quand je ne l’attends pas, par-delà le visible. Elle me traverse alors comme une pluie qui nourrit une terre sèche, ou parfois comme une flèche venue de je ne sais où.

Je cherche souvent la beauté, mais le moins possible dans les formes. J’attends plutôt qu’elle surgisse à travers elles, ou bien au travers d’un chant, d’un parfum.

La  beauté est comme une fleur qui s’ouvre. La beauté est la couleur rose qui s’illumine dans mon esprit, quand mon regard croise sur le sol de la forêt  les pétales d’un œillet. La beauté est un visage qui éclaire.

 

La beauté est ce qui m’attire, ce qui fait que je cherche à me dépasser.

“Portraits d’Arbres”, 2017, Fontainebleau

Exposition “Portraits d’arbres” – Mars 2017

Fontainebleau

Peintures, dessins et estampes ont été présentés dans le cadre du Printemps des Poètes 2017 organisé par la ville de Fontainebleau

“(…) Son pinceau semble être son œil, et la toile une invitation à y pénétrer pour voir les choses à sa manière : de la couleur, une atmosphère, des reflets de lumières et d’ombres, des feuillages épars aux contours indistincts. Les lieux semblent habités, comme le superbe tableau Tilleuls, qui semble emprunt d’une présence quasi-spirituelle, mystique. Un décor frais et paisible nous donnera cette impression de calme, de silence relaxant, tandis qu’un sous-bois effrayant et lourd nous glace et nous angoisse. La magie de sa peinture opère de cette manière, en nous faisant voyager dans les univers internes de chaque lieu et de chaque tableau (…)” Alex K., Article visible en cliquant ici

 

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“StArt Up”, Galerie Gaïa, 2016, Fontainebleau

“StArt Up”, Galerie Gaïa, 2016

Nantes

Les peintures et monotypes de Mathieu Wührmann ont été présentées lors de l’exposition collective « StArt Up», organisée du 17 au 26 juin 2016. ​

Cette exposition a été organisée par la galerie Gaïa à Nantes.

Article publié dans le Presse Océan du 21 juin 2016

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“Terra Mentis #1”, Éléments de langages, Bruxelles. Juin 2015

“Terra Mentis #1”, Bruxelles, dans la librairie “Éléments de langages”

Juin 2015.

Exposition aux côtés de Hadrien Bruaux, Céline Cuvelier, Juliana Dorso, Babette Goossens, Ariane Lejeune, Antoine Lortie et Elina Salminen.

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